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Goma : après la visite de James Swan, l’impasse persiste

Le séjour de 3 jours, du 24 au 27 avril 2026 de James Swan, chef de la MONUSCO, à Goma, s’achève sans avancée tangible. Malgré de longues discussions avec les représentants des mouvements AFC/M23, aucun résultat concret ne semble avoir émergé. Ce silence interroge, tant les attentes étaient élevées.

Dès son arrivée, le chef de la MONUSCO a semblé s’inscrire dans une ligne déjà définie par le pouvoir de Kinshasa. Son insistance sur la réouverture de l’aéroport de Goma contraste avec son silence sur des questions tout aussi cruciales, notamment la fermeture des banques, qui asphyxie la population locale. Cette hiérarchisation des priorités laisse perplexe et renforce l’impression d’un agenda déséquilibré.

Sur le plan humanitaire, le décalage est encore plus frappant. Alors que les besoins sont urgents dans des zones comme les hauts plateaux du Sud-Kivu, les priorités évoquées se déplacent vers d’autres localités comme Rubaya. Pourtant, les zones sous contrôle du M23 fonctionnent  normalement .  La population   tente de reprendre ses activités dans un contexte  bien sécurisé .

Un autre dossier majeur reste en suspens : celui de l’échange de prisonniers. Les représentants de l’AFC/M23 se disent prêts à avancer, tandis que le gouvernement congolais semble temporiser, au risque de reproduire les blocages du passé. Dans ce contexte, la posture de la MONUSCO soulève des interrogations. Aucune mesure de pression claire n’est envisagée pour contraindre les parties à respecter leurs engagements. Au contraire, l’organisation donne parfois l’impression de vouloir imposer une lecture unilatérale aux groupes rebelles, sans exiger la même rigueur du pouvoir central.

Plus préoccupant encore, les violences se poursuivent sur le terrain. Alors même que James Swan était présent à Goma, les attaques n’ont pas cessé. Des localités comme Minembwe , Gakenke , Kalingi , Bidegu et Mikenke ont été la cible de bombardements répétés. Sur les hauts plateaux, le quotidien reste marqué par le bruit des armes et l’insécurité permanente.

Dans ce contexte, la crise sécuritaire semble s’entrelacer avec des enjeux politiques nationaux. Les débats autour d’une possible révision constitutionnelle pour permettre à Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat alimentent les tensions. Certains y voient le risque d’une instrumentalisation du conflit à l’Est pour servir des intérêts politiques internes, notamment en créant un climat d’instabilité propice au report des échéances électorales.

Mais au-delà des calculs politiques, une réalité demeure : celle d’une population abandonnée. Sur les hauts plateaux, les civils continuent de subir une guerre d’usure. Les Banyamulenge, en particulier, vivent dans une précarité extrême, pris dans un cycle de violences, de déplacements et de marginalisation. Beaucoup dénoncent une stratégie progressive d’affaiblissement, voire d’effacement.

L’absence de résultats concrets après la visite de la MONUSCO ne fait qu’accentuer le sentiment d’abandon. Plus qu’un simple constat d’échec, c’est la crédibilité même de l’action internationale qui est aujourd’hui en jeu. Sans changement d’approche, la mission onusienne risque de rester, à nouveau,  un acteur spectateur partisan   d’une crise qui continue de s’aggraver.

Mais un dossier majeur reste dans l’angle mort de cette visite : la présence et les opérations des troupes burundaises sur les hauts plateaux du Sud-Kivu. Cette réalité, pourtant largement évoquée par les populations locales, n’a été ni abordée ni clarifiée par James Swan, chef de la MONUSCO.

Ce silence n’est pas anodin. Il soulève une question fondamentale : pourquoi une mission censée documenter les dynamiques sécuritaires évite-t-elle un acteur clé du conflit ? L’absence de position sur l’implication burundaise renforce l’impression d’un traitement sélectif des réalités du terrain, où certains faits sont mis en avant tandis que d’autres sont soigneusement contournés.

Dès lors, le doute s’installe. Ce silence traduit-il une prudence diplomatique… ou l’existence d’équilibres politiques que la MONUSCO refuse de bousculer ? Dans les deux cas, le résultat est le même : une perte de crédibilité auprès des populations affectées, qui perçoivent ces omissions comme une forme de parti pris.

Car pour les habitants des hauts plateaux, cette question n’est pas théorique. Elle est vécue au quotidien, dans un contexte où la multiplicité des forces engagées rend la situation encore plus opaque et dangereuse. Ignorer un tel facteur revient à produire une lecture incomplète — et donc inefficace — du conflit.

À ce stade, une conclusion s’impose : tant que certains acteurs resteront hors du champ d’analyse officiel, toute tentative de résolution apparaîtra biaisée. Et ce biais, qu’il soit intentionnel ou non, alimente inévitablement l’idée qu’un jeu plus large se joue en coulisses, loin des discours officiels.

 

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Norbert Rutebuka
Norbert Rutebuka
1 month ago

Un article plus actuel et un peu revoltant!
On dit souvent qu’un sourd est celui qui ne veut pas entendre! Un nouveau chef de la MONUSCO avec la meme posture que Bintu Keita.
Encore une visite de la MONUSCO qui aboutit a un fiasco car ayant, comme toujours, affiche sa position partiale faisant fi de la guerre d’usure imposee par le Gouvernement de Kinshasa a notre communaute du S/K & N/K.
Cela continue d’enteter le gouvernement et boycoter les negociations en cours.
Faut-il laisser la population continuer leur calvaire ou compter sur la communaute internationale ou la MONUSCO?