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RDC – Kinshasa : Disparitions inquiétantes de prisonniers à Makala, Ndolo et Angenga

Une vive inquiétude règne parmi les détenus et les familles de plusieurs prisonniers après une série d’enlèvements signalés dans différentes prisons de la République démocratique du Congo. Selon des informations concordantes, des militaires identifiés comme appartenant à l’Audirat auraient procédé à l’extraction forcée de plusieurs détenus sans aucune communication officielle sur leur destination ni leur situation actuelle.

Le premier incident aurait eu lieu le samedi 23 mai 2026 à 16h00, heure de Kinshasa, à la prison centrale de Makala. Des militaires armés seraient arrivés dans l’enceinte pénitentiaire avant d’emmener de force trois jeunes détenus vers une destination inconnue. Les personnes enlevées sont :

  1. Bitegetsimana Théophile
  2. Gahungu Éric Thomas
  3. Ilunga Fwamba Jean

Parmi eux, deux sont issus de la communauté banyamulenge/tutsie et un est originaire du Katanga.

Alors que l’inquiétude grandissait déjà autour de cette disparition, de nouvelles informations parvenues ce dimanche 24 mai 2026 font état d’autres enlèvements similaires durant la nuit dernière. Quatre prisonniers auraient été extraits de la prison de Ndolo, tandis que trois autres auraient disparu de la prison d’Angenga. Jusqu’à présent, aucune autorité n’a communiqué sur les raisons de ces transferts ni sur les lieux où ces détenus auraient été conduits.

Les codétenus de ces prisonniers affirment vivre dans la peur et l’angoisse. Plusieurs familles seraient également plongées dans une profonde détresse, ne sachant pas si leurs proches sont encore en vie. L’absence totale de transparence et de procédure judiciaire visible alimente les soupçons les plus graves.

La majorité des dix prisonniers disparus seraient originaires de l’est de la RDC, notamment des territoires de Minembwe et de Masisi, des régions dont les populations sont régulièrement victimes de stigmatisation, de discours de haine et d’accusations collectives liées au contexte sécuritaire du pays. Dans un climat marqué par une montée inquiétante des discours hostiles envers les citoyens perçus comme venant de l’est ou assimilés à la communauté tutsie/banyamulenge, ces disparitions suscitent de sérieuses préoccupations quant à leur sécurité physique.

De nombreux observateurs craignent que ces enlèvements ne cachent des exécutions extrajudiciaires ou des actes de disparition forcée, pratiques pourtant interdites par le droit congolais et les conventions internationales relatives aux droits humains.

Face à cette situation alarmante, il est urgent que les organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les agences humanitaires ainsi que les institutions judiciaires indépendantes ouvrent immédiatement une enquête afin de :

  • localiser les prisonniers disparus ;
  • établir les responsabilités dans ces enlèvements ;
  • garantir la protection des autres détenus ;
  • rassurer les familles plongées dans l’incertitude et la panique.

Le silence des autorités face à des disparitions aussi graves ne fait qu’accentuer la méfiance et la peur au sein de la population. Dans un État de droit, aucun détenu ne peut être soustrait au système judiciaire sans procédure légale ni information à ses proches.

Les familles des disparus, les communautés concernées ainsi que tous les défenseurs des droits humains attendent désormais des réponses claires et immédiates.

Le 24 mai 2026

Paul Kabudogo Rugaba

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