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Paix en paroles, guerre en actes : Minembwe livré aux flammes

Aujourd’hui, le 15 avril 2026, l’horreur a encore frappé les hauteurs oubliées de Minembwe. Dans le silence fragile du matin, alors que les premières prières s’élevaient avec espoir, une tragédie est venue briser ce moment de recueillement. Nyirantebuka, une femme d’une quarantaine d’années, mère de dix enfants, a été violemment fauchée par des bombardements des FARDC. Elle se trouvait dans une salle de prière — un lieu sacré, un refuge pour l’âme — lorsque les explosions ont retenti. Dans les collines de Minembwe, les prières ne demandent plus la prospérité. Elles implorent simplement la survie. Grièvement blessée, elle lutte aujourd’hui entre la vie et la mort.

Elle vivait à Irundu, un village déjà meurtri, situé dans les périphéries de Minembwe. Là-bas, survivre est devenu un combat quotidien. Mais ces derniers jours, la souffrance a atteint un seuil insoutenable.

Hier encore, une soixantaine de vaches — richesse vitale, symbole de survie pour toute une communauté — ont été abattues sans pitié par des frappes. Avant cela, la petite piste d’aviation de Minembwe, unique lien avec l’extérieur, a été ciblée à plusieurs reprises par des drones. Cette infrastructure, déjà fragile, représentait pourtant le dernier espoir d’acheminer des secours vers une population enclavée, abandonnée au milieu d’un territoire sans routes praticables.

Aujourd’hui, cet espoir est presque réduit en cendres.

C’est la cinquième fois que cet aérodrome rural est bombardé, notamment par des avions Sukhoi. Cinq fois que l’on s’acharne sur ce qui permet encore à la vie de tenir debout. Cinq fois que l’on semble vouloir couper toute possibilité de secours, comme si l’isolement devait être total, comme si la souffrance devait être complète.

Que reste-t-il alors à ces populations, sinon la peur, la douleur et l’impression d’être oubliées du monde ?

Dans le même temps, les bombardements s’intensifient dans une logique qui dépasse désormais l’entendement. Une coalition armée hétéroclite — comprenant des éléments des FARDC, des forces burundaises, des groupes Maï-Maï dits « Wazalendo », des FDLR, ainsi que d’autres forces étrangères et des mercenaires — poursuit des frappes aériennes et des attaques au sol contre des villages banyamulenge. Drones et mortiers frappent indistinctement : civils, femmes, enfants, vieillards — nul n’est épargné.

Les récits qui remontent du terrain sont accablants : massacres, violences sexuelles, habitations incendiées, récoltes détruites, bétail systématiquement abattu. Tout ce qui permettait encore de vivre est méthodiquement anéanti. Depuis plus d’un an, un blocus total — terrestre et aérien — étouffe la région. Plus rien n’entre, plus rien ne sort. La nourriture manque, les médicaments sont inexistants, l’aide humanitaire ne passe plus.

Les Hauts Plateaux sont devenus une prison à ciel ouvert. Même fuir est devenu impossible.

Comme si cela ne suffisait pas, les infrastructures de communication ont été réduites au silence : antennes téléphoniques détruites, radio locale anéantie. L’isolement est désormais total. La famine s’installe, visible, implacable. Les corps s’affaiblissent. La mortalité augmente, lentement mais sûrement, dans une indifférence qui glace.

Et pourtant, au moment même où ces souffrances atteignent leur paroxysme, des négociations sont évoquées entre Kinshasa et les mouvements rebelles en Swisse. Mais sur le terrain, les bombes continuent de tomber. Cette contradiction nourrit une inquiétude profonde : comment parler de paix quand la guerre s’intensifie ? Comment négocier pendant que des populations entières sont broyées ?

Beaucoup y voient une volonté délibérée de vider ces terres de leurs habitants, ou de peser par la force sur l’issue des discussions. D’autres redoutent des calculs politiques plus larges, où la souffrance des civils devient un simple levier.

Pendant ce temps, la communauté internationale reste largement silencieuse. Ce silence pèse, autant que les bombes. Quelques voix s’élèvent, timidement. Un rapport de Human Rights Watch évoque des responsabilités, mais sans provoquer l’électrochoc attendu.

Face à cette inertie, la diaspora banyamulenge tente de briser l’indifférence. Au Royaume-Uni, des manifestations ont été organisées pour alerter l’opinion publique. Des mémorandums ont été déposés. Mais l’histoire récente laisse craindre qu’ils ne soient, une fois de plus, relégués aux archives du silence.

Dans la région des Grands Lacs, une question revient avec insistance, presque comme un cri : pourquoi personne n’intervient pour mettre fin à cette spirale ? Pourquoi ceux qui en ont la capacité restent-ils spectateurs ?

Le 15 avril 2026

Paul Kabudogo Rugaba

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Gloria
Gloria
1 month ago

this is a well written article

Muhoza
Muhoza
1 month ago
Reply to  Gloria

Very Good

Zigama
Zigama
1 month ago

Very Good

Paix ensemble
Paix ensemble
1 month ago

Well

Nehemie Ruboneka
Nehemie Ruboneka
1 month ago

Merci beaucoup pour votre clarification

Santos
Santos
1 month ago

Interesting article

Belize
Belize
1 month ago

Good

PAUL KABUDOGO RUGABA
PAUL KABUDOGO RUGABA
1 month ago

ok